reportage – la place des femmes chez les pompiers

reportage – la place des femmes chez les pompiers

À l’occasion de la journée du droit des femmes, nous avons voulu connaître la place qu’elles ont au sein d’un milieu plutôt masculin. Pour ce faire, nous sommes allés à la rencontre d’Estelle, sapeur-pompier professionnelle stagiaire et Vincent, son maître de stage.

Ensuite, nous nous sommes entretenus avec Cindia, secouriste-ambulancier volontaire, et Julien, son binôme en ambulance du jour.

 

Estelle est pompier stagiaire professionnelle au sein de la Zone de Secours de Wallonie picarde depuis le 1er septembre 2018.Avant ça, elle a été secouriste-ambulancier volontaire pendant 14 ans.

Estelle

Infirmière de formation avec une spécialisation SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) et PIT (Paramedical Intervention Team), elle a travaillé depuis la fin de ses études en tant qu’infirmière urgentiste en hôpital jusqu’à son entrée en tant que professionnelle. « Pour le moment, je suis en alternance entre les journées en caserne et les cours à l’école du feu, dans le cadre du brevet B01 (brevet sapeur-pompier). Cette situation et ma carrière en hôpital ont fait que j’ai commencé ma carrière professionnelle à la zone de secours en faisant beaucoup d’ambulance. Maintenant, je commence à sortir pour les missions pompier. »

« C’est un atout, car une touche féminine fait toujours du bien. Il n’y a pas de disparité entre hommes et femmes, le travail est égal », nous explique Vincent.

Quand on demande à Estelle si elle perçoit des différences entre pompiers masculins et pompiers féminins, que ce soit en termes de capacités physiques ou émotionnelles, elle répond que « non, car il s’agit d’un travail d’équipe. Cette entraide permanente permet de répartir les taches de façon à ce que chacun puisse les remplir de manière optimale. »

Si elle s’est engagée dans un métier exercé en grande majorité par des hommes, Estelle encourage vivement les femmes à s’y intéresser et à la rejoindre : « j’ai envie de dire aux femmes de foncer, car on a notre place en caserne. Chacun a des spécificités, des qualités qui permettent d’apporter quelque chose. Donc non, ce n’est pas du tout réservé aux hommes ».

« Elles passent exactement les mêmes tests que les hommes. De plus, c’est un travail d’équipe, donc on n’est jamais seul. Qu’on soit homme ou femme, on a tous des points forts ou des points faibles. Par exemple, l’approche féminine permet souvent de calmer les esprits. C’est évidemment aussi un plus lorsque c’est un patient féminin ou un enfant, car ils se confient souvent plus facilement à une femme. C’est une approche moins rustre… » (sourire).

Cindia

Cindia, elle, est entrée dans le monde des pompiers comme volontaire en février 2008, et son métier n’est pas du tout en rapport avec le monde de l’aide à la personne. : « mon métier principal est employée de bureau, en comptabilité dans une entreprise d’électricité. J’ai rejoint les pompiers par passion et pour l’adrénaline que ça apporte. »

Pour Julien, la seule différence qu’il pourrait y avoir, c’est quand on a affaire à un patient plus corpulent : « mais à ce moment-là, je demande un renfort pour le porter. Par contre, elle a des atouts qu’on homme n’a pas. Son instinct maternel, par exemple, joue un rôle important quand on doit prendre un enfant en charge. »

La vie de volontaire en tant que maman est parfois difficile, car c’est une fonction qui prend du temps : « Parfois, je pars avant que ma fille (5 ans) ne soit levée et je reviens quand elle est déjà couchée. C’est difficile autant pour moi que pour elle, elle le vit parfois mal. » Pour passer au-dessus, Cindia dialogue avec elle et lui explique les raisons de son absence : « je lui dis que maman doit aider des gens malades, les sauver. Elle comprend alors que c’est important. »

Là encore, quand on demande ce qu’elle dirait à une candidate qui hésiterait à passer le cap, Cindia répond qu’« il faut foncer ! Évidemment, il faut du caractère. Par contre, ça ne retire rien au plaisir et une femme a tout à fait sa place au sein des pompiers. »

Nous n’oublions évidemment pas de remercier toutes les autres femmes présentes chez nous, qu’elles soient pompiers, ambulanciers ou encore membres du personnel administratif.